Dimanche 14 septembre 2008
Premier message depuis les vacances. C’est qu’ici, le temps bouge dans un espace temps particulier. Je vous explique.
Nous étions à Montréal, à nous demander quelle folie nous conduisait à repartir dans le Nord. La famille, les commodités, le marché Jean-Talon, les amis, les biens à un prix raisonnable, la vie
est belle, dans le Sud! Puis, aussitôt le pied mis à terre au soixante-deuxième parallèle, tout nous est revenu.
Je prends en métaphore la limite de vitesse, pour ma démonstration. Ici, en ville, la limite est de quarante-cinq kilomètres heure. Pire encore que le fait que la limite soit respectée, la
vitesse moyenne, quant à elle, est de quarante kilomètre heure. Les gens ne sont pas pressés. Le temps respecte ici une règle qui n’est pas du reste du monde.
Ainsi, si ce message est publié quelque trente jours, presque quarante-cinq après notre arrivée, c’est que nous sommes happés du virus de Yellowknife : il n’y a rien qui presse.
Prenez vos courriers : de France, il faut entre dix et trente jours pour qu’ils nous parviennent. Recommandés ou pas. De Montréal, c’est entre quatre et dix jours qu’il faut compter. Et rien, ni
personne, ne peut rien faire pour assurer meilleure régularité…
J’aimerais vous dire que c’est le mode de vie amérindien qui nous donne cette habitude; on attend le caribou quand il passe, ou le printemps quand il arrive, mais il faut être honnête : nos
habitudes viennent probablement plus du temps de livraison des marchandises qui elles, arrivent comme la poste : quelque part entre une semaine… et six. De là, nos habitudes de vie prennent le
rythme : c’est pas qu’on remet au lendemain, mais plutôt que le lendemain arrive… quelques semaines plus tard…
Ainsi, si vous voulez penser à nous un instant, la meilleure manière de le faire, c’est de le faire… tranquillement. Vous serez un peu, à quelque part, avec nous, à Yellowknife.
Par Guillaume
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