Cela fait plusieurs messages que je désir vous parler de nos voisins les premières nations.
Permettez-moi de vous parler (je vous permets en retour de lire :) ) de cette population qui correspond à 50% de la population de Yellowknife (20 000 habitants, en tout), et à 75% de la
population totale des TNO (près de 40 000, en tout). C’est donc pas rien.
D’abord, un peu de découverte :
Les autochtones qui vivent autour du Grand Lac sont essentiellement de deux peuples.
D’abord, les Dogribs, qui vivent au nord du Lac.
Je vous propose un petit périple (affiché depuis peu dans les favoris, à droite de ce message) qui retrace
le chemin ancestral de ce peuple, et qui présente leur mode de vie traditionnel.
Tout autour du Grand Lac vivent les Dénés, membres de la nation Slave. Il y a ainsi les North Slave, les South Slaves, etc. On les appellent ainsi car ils pratiquaient entre peuples conquis
l’esclavage. On leur doit le nom du Grand Lac des Esclaves, ainsi que le nom de la capitale. Ils utilisaient, de fait, des couteaux de bronze. D’où Yellowknife. Notez qu’en Déné, Yellowknife se
dit Sombaké, ce qui signifie « L’à où l’argent se trouve ». Ça en dit long sur ce qui se tramait dasn la capitale...
Si leur culture vous intéresse, j’ai trouvé ce site qui présente des éléments de leur culture, y compris un cours
d’introduction du langage Déné. Remarquez les influences : on dit merci mah si cho, qui vient directement du merci français.
Les Dogribs, comme les Dénés, sont des peuples continentaux. Ils sont plus proches des Cris du nord canadien que des Inuits, qui eux, vivent plus au nord, carrément sur la banquise. Ils seraient
arrivé dasn la région il y a moins de 400 ans. Les premiers explorateurs blancs, eux, autour de la fin du XIX siècle.
Une appréciation sommaire de leur situation :
Il faut d'abord savoir qu'au contraire du système québécois, les nations autochtones ne vivent pas ici en réserves. Ils vivent "parmis les blancs", ou, devrais-je plutôt dire, nous vivons parmis
eux. Il n'en demeure pas moi, remarquez, qu'un quartier leur est réservé, mais, la chose est sociologique, plus que politique.
Dans les livres, donc, tout va bien. Dans les faits, c'est pas mal différent. Vu la concentration de la population blanche dans la capitale, tous les services sont offerts à Yellowknife. Les
autochtones, quant à eux, vivent pour la plupart à l'extérieur, en de petits villages de 200, 500 âmes (comme Jean-Marie River). Souvent, la demande fait en sorte qu'ils ont de petits dépanneurs dans leurs
villages, un agent de police, parfois, un bureau de poste. Mais, peut-on affirmer, ce n'est pas le Pérou. Plusieurs de ces communautés ne sont accessible que par avion, l’été. Généralement, les
routes de glaces leurs offrent un accès par route six mois par années.
Les villages que nous avons visités vivent essentiellement grâce aux activités traditionnelles (chasse et pêche). Un magasin fait office de bureau du tourisme, où l'on peut se procurer de
l'artisanat local, principal élément d'économie à cet échelle. Une fois de plus, c'est pas la misère, sinon la grosse misère.
Cependant, il faut le savoir, les TNO possède une économie essentiellement axée sur les ressources premières. Or et diamant, particulièrement, dont les mines sont situées sur des territoires
revendiqués par les différentes nations. Et celles-ci profitent d'ententes très avantageuses pour ces nations. En fait, ce sont les plus avantageuses, à ma connaissance, de ces types d’ententes.
Ainsi, les compagnies doivent employer un certain nombre de membre des premières nations dans l’exploitation des sites. Ils doivent également leur donner des ristournes sur les bénéfices dégagés.
La dernière entente conclue oblige également les premières nations concernées à accepter tout contrat d’Exploitation, leur permettant ainsi de garder contrôle sur les territoires et activités
ancestrales.
Ainsi, puis-je résumer, c’est sociologiquement pas rose. Mais économiquement, c’est la meilleure situation qui existe, au Canada. Ceci étant dit, les problèmes d’exclusion dans la représentation
parlementaire persiste, et la question autochtone est loin d’être réglé. Le parlement canadien refuse toujours, par exemple, de signer la Déclaration des droits des peuples autochtones, adoptée
le 30 juin 2006 à Genève par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Seul le Canada et la Russie ont voté contre, même si d’autres se sont abstenus.
Explorez en profondeur :
Une discussion qui n’en finit plus : Le Gazoduc du Mckensie, qui aurait de nombreuses
influences (néfastes) pour les autochtones des TNO.
Quant à moi, j'ai trouvé de superbes livres sur les contes ancestraux des différentes nations, outre les Dogribs et les Dénés. Je vous en conterai à notre retour
(entre autre la préférée d'Émilie: celle de Petit-Buisons-de-Canneberge et de Grand-Buisson-de-Canneberge...).
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